Une cinquantaine de personnes au congrès des Anorexiques Boulimiques Anonymes

Au congrès, on y évoque l’obsession de la nourriture mais aussi la solitude et les retombées familiales de l’anorexie et boulimie.

À Saint-Brieuc, se tient jusqu’à dimanche soir, le 9e congrès de l’association des Anorexiques boulimiques anonymes (ABA). Dans les locaux de l’auberge de jeunesse, les participants échangent leurs expériences sur leurs addictions en cours ou passées. « Car la nourriture devient une obsession quand on est anorexique, explique Camille (1). On y pense du matin au soir. Moi, je suis tombée dedans alors que j’avais déjà un problème avec l’alcool. Un jour, on m’a dit que j’avais de grosses fesses. Le lendemain, j’ai réduit mon alimentation et ce fut l’engrenage. J’ai supprimé tous les aliments jusqu’à ne plus manger que des pommes. Les repas de famille, c’était l’enfer. Je ne voulais même entendre le mot d’anorexie. J’étais dans le déni. Pour moi, c’était les autres qui avaient un problème. Je me disais qu’ils mangeaient mal et que moi seule avais une bonne hygiène de vie. Cet enfer a duré entre l’âge de 15 ans et 25 ans. Un jour, j’ai vu ma tête dans le miroir et je me suis rendu compte de l’état dans lequel j’étais. J’avais touché le fond. Il m’a fallu encore un peu de temps avant de pousser la porte des ABA et de réaliser que mon anorexie était une maladie mentale. Une fois qu’on admet ça, un premier pas est franchi. Après la participation au groupe de parole est un soutien formidable. On n’a plus besoin de justifier quoi que ce soit ou de s’identifier à quelqu’un. On devient juste soi-même. »

(1) Prénom d’emprunt.

9e congrès des ABA, à l’auberge de jeunesse de Saint-Brieuc. Dimanche à 10 h 30. Tél. 06 34 32 93 81

Categories:

Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux !

Anorexiques Boulimiques Anonymes - 06 34 32 93 81