Anorexie – boulimie. La parole peut aider à s’en sortir

L’association ABA (Anorexiques Boulimiques Anonymes) a neuf ans. Ce week-end, le groupe briochin s’est réuni pour marquer le coup. L’occasion pour nous de rencontrer Sandrine (prénom d’emprunt), 27 ans, une ancienne boulimique.

ABA compte désormais six groupes de parole en France. Mais est-ce bien à Saint-Brieuc que le premier groupe a vu le jour ?

Sandrine : « Oui, effectivement. Il a été créé en 2002 par des gens qui souffraient et ne trouvaient pas de solution à leurs problèmes avec l’alimentation. C’est en se rendant à une réunion des Alcooliques anonymes (AA) qu’ils ont eu l’idée de transposer le programme des AA sur les problèmes en lien avec l’alimentaire. ABA fonctionne donc sur le même principe que les AA, avec des réunions hebdomadaires, où les gens prennent la parole à tour de rôle. Il n’y a pas de professionnels, de médecins à ces réunions. Personne ne donne son avis. C’est simplement du partage d’expérience. »

Et ça aide pour guérir ?

« Dans mon cas, oui. Je suis rentrée dans l’association en 2005, après cinq ans de descente aux enfers à cause de mes crises de boulimie. Un mois après, j’ai arrêté de me faire vomir… Le fait de parler avec et de rencontrer des gens qui avaient la même souffrance que moi m’a fait un bien fou. Je me suis rendu compte que je n’étais pas seule. Ça m’a déculpabilisée. Aujourd’hui, je n’ai plus aucun problème avec l’alimentation. Je continue d’aller aux réunions pour dire aux gens que l’on peut s’en sortir. C’est important pour moi. »

Comment faire pour savoir si un proche souffre d’anorexie ou de boulimie ?

« Ce n’est pas simple. Parfois, on peut remarquer que la personne réduit progressivement sa consommation d’huile, de beurre, de tout ce qui est gras… Ce qu’il faut savoir, c’est que tant que la personne ne reconnaît pas être malade, les proches ne peuvent rien faire… »

Propos recueillis par A. L. H.

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